Non à la violence envers les gays ! - MANEO – le projet berlinois anti-homophobie contre l’homophobie se presente

Je suis depuis de nombreuses années avec respect et sympathie, l’action et le professionnalisme de « MANEO », ce projet qui œuvre en faveur des victimes d’actes de violence et effectue un travail de prévention. Berlin est certes connue pour être une ville tolérante. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour que les discriminations contre les gays et les lesbiennes disparaissent. Les besoins en matière de conseil, d’aide et de prévention restent importants.

Je salue les actions de prévention et le travail de relations publiques de MANEO. Berlin soutient l’association et ses projets afin que Berlin conserve sa réputation de ville tolérante et ouverte sur le monde.

Je souhaite que le maximum de personnes possible rejette l’homophobie et les violences homophobes, soutienne le projet et marque ainsi son refus de l’intolérance et de l’exclusion.


Klaus Wowereit: maire de Berlin


Le projet MANEO de l’association Mann-o-Meter existe depuis 19 ans à Berlin et constitue l’initiative la plus aboutie en matière de lutte contre l’homophobie en Allemagne.

Chaque jour, des victimes font appel à nous.. Chaque année, nos écoutants recueillent plus de 300 témoignages. Outre notre ligne d’écoute anonyme, nous recensons les actes homophobes à Berlin et dans la région. Par notre travail, nous souhaitons montrer à quel point l’homophobie est ancrée dans la société et souvent bagatellisée. La prévention constitue un autre de nos domaines d’action afin d’informer sur notre travail et d’interpeller la société dans notre lutte contre l’homophobie.

Cette action ne serait bien entendu pas possible sans l’aide de nos bénévoles et de nombreux soutiens. Je tiens à les remercier et à leur exprimer ma reconnaissance.

Nous souhaitons développer notre projet. A cette fin, les bénévoles, sponsors et soutiens sont les bienvenus. Les dons constituent une aide nécessaire à la poursuite de notre projet.


Bastian Finke : coordonnateur du projet MANEO


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Pourquoi MANEO ?

“I will survive!”

MANEO est un terme d’origine latine qui signifie: « je persiste ». Une formule qui rappelle la fameuse chanson de Gloria Gaynor « Quoi qu’il arrive ou quoi qu’il m’arrive, je survivrai », un texte écrit à une époque où l’on menait la vie dure aux gays et aux lesbiennes. La situation des gays et des lesbiennes s’est améliorée en Allemagne durant les dix dernières années mais tout n’est pas encore parfait. Tu t’es déjà fait traité dans la rue de « tante », de « sale pédé » ou « d’enculé » ? Dans la rue, par exemple, se faire traiter de « pédale » ou d’ « enculé » La violence verbale ou physique contre les gays fait malheureusement toujours partie de notre quotidien. Nous devons réagir


Pédé: insulte numéro un


« Pédé » reste (ou bien est à nouveau) l’insulte numéro un dans les cours de récréation. Le fait que les homos ne doivent plus se cacher et ont conquis une place dans l’espace public contribue paradoxalement à les rendre plus aisément attaquables. Le terme « pédé » pour les jeunes est synonyme de « faible », « étrange » dans une acception négative. Cette constatation n’est pas anodine. La plupart des violences homophobes restent le fait de jeunes hommes qui considèrent que leur masculinité est mise en cause par les gays auxquels ils s’en prennent. La violence débute avec des mots. Et malheureusement, l’insulte qui arrive en deuxième position est « sale pédale ».


Les zones à éviter

Tout gay sait qu’il y a des endroits où il vaut mieux ne pas s’afficher, où il vaut mieux ne pas embrasser son copain si l’on veut éviter d’être agressé. Même à Berlin, forte de sa réputation libérale, mieux vaut faire attention en dehors des quartiers gays du centre.

Que faire lorsque le pire se produit malgré ces mesures de prudence ? Un coup de poing dans le visage, un coup dans les côtes, un mot violent de trop qui blesse ? MANEO vient en aide aux victimes pour qu’elles n’affrontent pas seules leurs blessures physiques ou psychiques. Une victime n’est en effet pas toujours capable de surmonter seule une telle situation en raison du désarroi et de la confusion qu’elle engendre. Ces personnes obtiennent par téléphone ou lors d’un entretien chez MANEO le soutien dont elles ont besoin.


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L’action de MANEO

Notre travail

MANEO est un projet autonome hébergé au sein du centre d’informations homosexuel Mann-O-Meter et a un statut associatif. Mann-O-Meter se trouve à Nollendorfplatz au cœur du quartier gay de l’arrondissement de Schöneberg. Nous disposons de deux bureaux et sommes joignables quotidiennement de 17 à 19 heures. On peut nous rendre visite pour prendre un café, nous contacter par téléphone ou de façon totalement anonyme par internet : www.maneo.de.

MANEO est un projet associant des bénévoles et des collaborateurs fixes. Actuellement, le chef de projet, ainsi qu’un jeune qui effectue son service civil et dix bénévoles forment le noyau de l’équipe de MANEO. Ces derniers travaillent comme écoutants par exemple le week-end.


Notre cible


MANEO s’adresse en premier lieu aux gays et bisexuels victimes d’actes ou de propos homophobes, mais aussi à leurs partenaires et proches ainsi qu’aux témoins. Nous prenons également en charge les victimes de violences domestiques. Ces dernières surviennent également au sein des couples gays. Elles quittent souvent rapidement le lieu de l’agression, ont mauvaise conscience, éprouvent de la peur et de la honte. Leur « disparition » rend souvent l’enquête de la police plus difficile.
Berlin est une ville particulièrement attirante pour les touristes, les personnes qui désirent changer d’emploi et pour de nombreux provinciaux fraîchement outés. MANEO est plus spécialement à la disposition de ces personnes.


Conseils et aide

L’aide aux victimes constitue la première mission de MANEO qui se tient à leur disposition pour leur proposer conseils et aide. Le travail de prévention et la rédaction d’un rapport annuel sont une autre mission de MANEO. Plus de 80 % des agressions commises contre les homosexuels ne donne pas lieu au dépôt d’une plainte. Nous nous efforçons de faire changer cette situation. MANEO recense tous les cas d’homophobie dont il a connaissance et informe le public aussi souvent que possible. Nous organisons des séminaires de lutte contre la violence et réalisons des interventions en milieu scolaire ainsi qu’auprès des policiers en formation.


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L’aide de MANEO

Aide aux victimes

Lors de sa fondation en 1990, notre projet s’appelait « centre d’appels en cas d’agression homophobe ». Depuis, plus de 3 000 cas de violence contre des gays et des bisexuels ont été recensés. Nous avons soutenu un nombre de personnes sensiblement plus important. MANEO conseille chaque année plus de 300 victimes, recensent les actes de violence homophobes et effectue un traval de relations publiques


Partialité


L’offre de MANEO combine information, conseil et aide à travers un soutien psychosocial à court, moyen ou long terme. Peu importe si l’agression vient d’avoir lieu ou remonte à plusieurs mois. Les victimes sont incitées à faire preuve d’autonomie et à se prendre en charge elles mêmes. L’objectif est de faire disparaître la peur de leur quotidien. MANEO accompagne les victimes dans leurs démarches auprès de la police ou lors d’arbitrages avec les auteurs des agression.


Réduire les appréhensions : rendre Maneo facilement accessible

Notre travail offre une alternative aux victimes qui hésitent à s’adresser à des contres de conseil non gérés par la communauté homosexuelle et qui privilégient une aide qui prenne mieux en compte leur orientation sexuelle. Nous évitons toute démarche contraire aux souhaits exprimés par ces personnes.


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Ca commence!

La campagne pour la tolérance MANEO

Notre projet est subventionné par la ville de Berlin, à un niveau qui n’a pas évolué depuis 1993 et ce malgre une demande de plus en plus importante. C’est pourquoi les dons jouent un rôle vital.
MANEO a été soutenu pour la première fois entre 2006 et 2008 par des fonds de la lotterie berlinoise qui ont permis d’étoffer le travail de promotion de l’association. Grâce à ce soutien, la première campagne d’information d’importance depuis dix ans a pu être menée.


Certaines choses changent, d’autres pas

Malgré la libéralisation actuelle, l’homophobie ne disparaît pas et reste un défi pour la justice et la police.
Malheureusement, nos ressources financières sont insuffisantes pour répondre aux changements intervenus dans le milieu gay ces dernières années. La communauté homosexuelle a gagné en importance à travers l’immigration et le tourisme. Beaucoup de victimes ou de témoins ne connaissent pas notre travail, n’effectuent pas de démarche auprès de la police ou ne prennent pas contact avec nous. Nos campagnes d’information ont pour objectif de corriger cette situation. Grâce au soutien de la loterie nationale, nous avons pu réagir pour la toute première fois à ces évolutions.


L’information et la prévention au coeur du combat

Nous avons mené à partir de 2006 une campagne d’information de trois ans à Berlin qui a permis de sensibiliser l’opinion publique aux dangers de l’homophobie.
Cette campagne avait pour but de mieux faire connaître l’offre de MANEO dans la scène gay et de lutter contre la bagatellisation répandue de l’homophobie. La violence et les discriminations homophobes ne doivent pas être passées sous silence. Les victimes doivent porter plainte, et nous sommes là pour les y aider.
Berlin étant devenu une des destinations de vacances privilégiée des gays du monde entier ces dernières années, nous avons décidé de proposer nos informations dans diverses langues étrangères.
Nous souhaitons également à l’avenir nous faire connaître auprès d’une plus large opinion publique afin de renforcer la prise de conscience en matière d’homophobie. Nous voulons informer la société que les droits acquis doivent être protégés et que l’homophobie n’a pas sa place dans notre société.


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Homophobie

“T’es un pédé ?“

Homophobie : Hostilité explicite ou implicite envers les homosexuel/les (ou les personnes considérées comme telles). Cette hostilité relève de la peur, de la haine, de l’aversion ou encore du rejet de l’homosexualité [définition de Wikipedia]. Par extension, l'homophobie désigne les préjugés, les attaques verbales ou physiques, la discrimination envers les homosexuels.


L’homophobie n’est pas due au hasard

L’homophobie est visible au quotidien, notamment à travers des agressions. Le code pénal les sanctionne tout comme les menaces de violences. Ces actes permettent à l’agresseur d’affirmer sa position vis-à-vis de l’homosexualité et des homosexuels. Il ne s’agit pas d’un acte isolé mais d’un phénomène de société.
Nous considérons que ces actes ne sont pas isolés, ils sont le produit d’une socialisation un d’un héritage homophobes. L’agresseur se fonde sur des préjugés existants et appartenant à un répertoire latent dans la société – les homosexuels sont malades, etc – et estime qu’il est légitime de les attaquer.


De la nécessité d’informer

Les informations que nous possédons montrent clairement que la discrimination homophobe comme les violences font bel et bien partie de notre société. Des homosexuels ou des personnes considérées comme tels sont exclus, discriminés, attaqués ou agressés, indépendamment de leurs origines. Il nous paraît important que l’ensemble de la société oeuvre au dépassement des a priori homophobes qui font encore partie de nos sociétés.
La violence homophobe est l’héritage de structures patriarcales et est liée à la recherche d’une identité masculine et à des lacunes en matière d’éducation sexuelle. C’est pourquoi, nous devons également œuvrer contre ces problèmes.


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Des hommes victimes

« T’es une victime ou quoi ? »

Le terme de victime fait partie du vocabulaire des jeunes à côté de celui de pédé. « Pédé », « victime » constituent des injures majeures.

Depuis des années, les organisations de défense des droits de l’homme tentent de sensibiliser l’opinion pour développer sa solidarité avec les victimes de violences et d’agressions. Traditionnellement, nos sociétés s’occupent des agresseurs et de leur condamnation et moins des agressés, c'est-à-dire les victimes. De plus en plus souvent, les jeunes provoquent leurs parents et les personnes qui les encadrent en usant de motifs et de poses machistes qui mettent en avant le droit du plus fort. Or, les « victimes » et les « gays » sont considérés comme des faibles. Quels jeunes ont le courage de contacter une association ou un service d’assistance aux victimes ?


« Un Indien ne connaît pas la douleur » (un vrai mec ne souffre pas).

Pour la société, les gays sont des hommes et donc ne sont pas des victimes. Un homme est par définition fort et a son destin en mains. Il est l’auteur des violences car il peut se transformer en une menace pour autrui. Les jeunes ont intériorisé ce schéma : ils sont moins aisément vulnérables. « Un Indien n’a pas mal », il ne connaît pas la douleur. Ce message n’est adressé qu’aux jeunes garçons, qu’ils soient hétéros ou homos. D’ailleurs, qui entre en premier lieu dans les canots de secours ? Les femmes et les enfants d’abord !
Les statistiques criminelles décrivent une autre réalité. Deux tiers des victimes de meurtres ou de tentatives de meurtres sont des hommes. Les femmes sont dix fois plus souvent victimes que les hommes de délits et crimes sexuels.


Surtout ne pas afficher sa faiblesse

Un homme victime est confrontés à un conflit identitaire. Accepter de l’aide c’est reconnaître que l’on est blessé, une situation difficile à accepter pour un homme. Les gays aussi ont peur d’afficher leur faiblesse, car les clichés sociaux pèsent autant sur eux que sur les autres hommes. MANEO effectue un travail d’émancipation masculine pour lutter contre cette situation afin de permettre aux victimes de dépasser les rôles traditionnels assignés par la société hétéro-patriarcale aux hommes et aux femmes. MANEO agit donc aussi au niveau des identités masculines fragilisées.


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MANEO aide et informe

« Sale pédale »

La violence envers les gays est quotidienne et dramatique. MANEO recense l’ensemble des agressions et violences homophobes dont nous sommes informés. Il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg, la plupart des agressions ne sont pas connues et leurs victimes livrées à elles mêmes.


Insultés et battus

La majorité des violences homophobes communiquées à MANEO se déroulent au vu de tous dans les transports en commun ou dans la rue. Ces derniers mois, différentes agressions contre des gays ont particulièrement fait parler d’elles.
Un père de famille de 41 ans que ses agresseurs ont pris pour un gay a été violemment agressé en juillet 2008 dans le parc de Friedrichshain. Il a dû être hospitalisé en raison d’une fracture de la machoire. Cet homme hétérosexuel souffre dépuis des séquelles de cette agression.
Un mois plus tard, deux homosexuels ont été attaqués avec des bouteilles dans l’entrée d’un immeuble du quartier de Friedrichshain et victimes d’agressions verbales homophobes.
Plusieurs gays ont été agressés en août 2008 dans le parc de Tiergarten. Un homme de 48 ans a passé plusieurs semaines dans le coma et a dû être soigné durant de longues semaines de façon stationnaire.
Un homme de 33 ans a été victime d’une grave agression dans le métro en octobre 2008. Deux jeunes hommes d’origine étrangère l’ont attaqué en raison de son homosexualité. İls l’ont frappé en public. La victime à qui des passants sont venus en aide a eu une double fracture de la mâchoire et n’a pu quitter l’hôpital que cinq jours plus tard.
Quelques jours plus tard, un couple de lesbiennes a été agressé avec des bombes de peinture dans le quartier de Hellersdorf, au Nord-Est de Berlin.
En janvier 2009, un gay de 23 ans était très sévèrement blessé à la tête et a dû subir une opération d’urgence. Il s’était rendu avec son ami dans un bar gay du quartier homo de Schöneberg où cinq inconnus les ont agressés brutalement. La police mène l’enquête.


Aide et conseil
MANEO soutient les victimes grâce à des entretiens, par la prise en charge de formalités nécessaires et en les aiguillant vers d’autres institutions. Jusqu’au procès, qui ont souvent lieu des mois plus tard, les victimes peuvent rester en contact avec notre cellule-conseil et nous informer des progrès de leur convalescence.



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MANEO prend les traumatismes psychologiques au serieux

„Ne te comporte pas comme ça“

La violence occasionne des troubles psychologiques. MANEO sait comment gérer ces problèmes. Souvent, les victimes sont mis sous pression par leur environnement social afin de reprendre le dessus. Certaines expériences négatives leur rappellent leur coming out. Il s’agit d’une situation de crise et de conflit avec soi-même. Honte, peur et colère en sont l’expression.


« Je ne sais plus où j’en suis «


Les victimes se sentent souvent seules et incomprises. Elles ont parfois peur et se sentent sans défense. Elles ont le sentiment que cette instabilité psychologique n’est pas prise en compte par la police, les assurances, les médias ou encore la justice. Certaines personnes se sentent même co-responsable de ce qui leur est arrivé, ou bien sont accusées d’être responsables par des proches ou des amis: « Pourquoi t’es-tu affiché ? », « pourquoi tu tu l’as ramené ? ».


MANEO prend les victimes au sérieux


MANEO n’entame aucune procédure sans l’aval de la victime. Cette dernière est conseillée et informée des possibilités qui lui sont offertes, notamment sur le plan juridique. Nous fournissons le cas échéant les coordonnées d’avocats ou de médecins spécialisés ou bien nous accompagnons les victimes dans leurs démarches auprès de la police ou de la justice.

Le plus souvent, une première discussion a lieu par téléphone (il est aussi possible de témoigner anonymement par internet). Nos bureaux sont toujours ouverts et abritent la plupart des entretiens. S les circonstances le nécessitent, nous rendons visite à la victime à l’hôpital.


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Peur dans le métro

„On hait les pédés“

A Berlin, il est toujours possible de rentrer chez soi avec les transports en commun, même tard dans la nuit. Mais, la haine peut être au rendez-vous.


Retour à la maison

Un dimanche matin, vers trois heures, un couple gay rentre chez lui par la ligne de ceinture. Ils prennent place dans la dernière voiture, en queue de train, avec deux autres passagers. A la station Neukölln, un groupe de sept jeunes hommes âgés de 18 à 25 ans monte dans la même voiture.
Alors que le train se remet en route, ils interpellent le couple : « vous êtes homos ? ». « les pédés sont la dernière des merdes », « on hait les pédés ». L’un d’eux rétorque :« oui, mais les gays sont des êtres humains comme les autres». Le meneur du groupe répond :« Ce pédé de maire de Berlin, Wowereit, ne peut rien pour vous ici. On est à Neukölln ».
Dans la foulée, un des agresseurs crache au visage d’une des victimes. Les autres en font de même.


„Au secours !“

Alors que le train s’arrête à la station suivante, les victimes prennent la fuite et se réfugient dans la voiture suivante. Ils demandent de l’aide à la vingtaine de personnes présente. Immédiatement, deux jeunes hommes et une jeune femme réagissent et leur demandent ce qui s’est passé. Grâce à cette intervention, les agressés se sentent secourus.


Filmés avec le téléphone portable
Les agresseurs ne les poursuivent pas dans l’autre voiture. A travers la fenêtre, les victimes remarquent pourtant qu’ils leurs adressent des gestes menaçants. Deux stations plus loin, les agresseurs changent de voiture pour rejoindre leurs victimes. Un des jeunes utilise une prise de kickboxing et savate une des victimes, un autre filme la scène avec son téléphone portable. Un des deux homos est frappé à la tête et la tempe ; l’autre est également attaqué.


Des témoins sur le qui-vive

Les témoins empêchent le train de redémarrer en bloquant les portes. Un autre passager parvient à contacter la police alors que les agresseurs prennent la fuite. Les passagers prennent les victimes en charge jusqu’à l’arrivée de la police.
Les victimes sont ensuite transportées à l’hôpital. L’une d’elles souffre de multiples hématomes sur le corps et au visage ainsi que d’une fracture du nez . Aujourd’hui encore, elle souffre de migraines. L’autre agressé a des hématomes au visage, ainsi que des contusions aux côtes et aux jambes.
La police a enquêté sans succès. Les agresseurs n’ont pas pu être arrêtés. .


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Une Question de comportement

Consignes de sécurité

Il n’y a pas de recette miracle mais quelques conseils peuvent être néanmoins utiles. Ces conseils ont pour objectif faire en sorte qu’en cas d’agression homophobe, les personnes concernées ne soient pas confrontées à des reproches de leur entourage leur expliquant comment elles auraient dû se comporter : « Si tu avais ça... Tu l’as bien cherché » MANEO ne fait de reproches à personne et veut avant tout renforcer la confiance en soi des victimes et les aider à recouvrer leur autonomie.


Sois ce que tu es (et comme tu es) !


Ta sexualité ne concerne que toi et fait partie intégrante de ta personnalité. La sexualité, c’est bien plus que simplement le sexe ; elle est l’expression de ton identité. Parle-en aux proches en qui tu as confiance.


Etre sûr de soi


S’afficher et être sûr de soi protège dans bien des cas d’une agression ou d’insultes. On peut s’y entraîner. Nous pouvons t’y aider et te fournir des adresses et des contacts.


Rester en contact

Discute avec les personnes en qui tu as confiance de ce qui t’inquiète, des questions que tu te poses ou des expériences négatives que tu as eues. Nous sommes disponibles pour répondre à ce genre de demandes.


Porter plainte


Toute victime d’un acte homophobe pense devoir répondre à des questions indiscrètes et gênantes de la police, une perspective que beaucoup rejettent. Porter plainte est important. Pour toi aussi car tu es la victime ! Si tu le souhaites MANEO t’accompagne dans cette démarche afin que justice puisse être rendue.



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Conseils de MANEO

De jour comme de nuit

Tu te protéges et tu protéges les autres si tu te montres sûr de toi et solidaire.

Si tu sors, prend seulement l’argent dont tu as besoin. N’exhibe pas des objets de valeur ou de l’argent devant des inconnus. Conserve tes objets de valeurs (bijoux) à la maison.

En cas de danger, fais confiance à ton sixième sens. Avoir peur est humain. Cela ne fait que confirmer tes sensations.

Sois attentif à ton environnement, évite les rues vides et sombres, reste proche des zones éclairées et fréquentées.

Si tu as rencontré quelqu’un avec qui passer la nuit, présente le au barman ou à un ami/connaissance.

Un „plan Q“ d’un soir peut mal tourner. Si tu ramènes quelqu’un à la maison, ne ramène qu’une personne à la fois.

Si une situation te paraît bizarre, parles en à quelqu’un et prend ensuite une décision.

Si tu es témoin de violence, donne tout de suite l’alerte. Informe nous, ainsi que la police.

Si tu le peux, comporte toi de manière coopérative et garde la situation en main. (N’oublie pas que si tu utilises un arme, celle-ce peut aussi se retourner contre toi.)

Lorsque tu as affaire à plusieurs agresseurs, n’oublie pas qu’avoir confiance en soi est une arme qui en effraie plus d’un.

Tout être humain est un témoin potentiel! Si quelqu’un passe à proximité, appelle cette personne et demande lui de l’aide.

Garde toujours un oeil sur ta boisson si tu es dans un bar ou un club. Si quelqu’un veut t’offrir un verre, fais attention afin d’éviter qu’une substance n’y soit introduite.

Prends garde aux personnes sous l’empire de l’alcool ou de la drogue. De longues nuits sans sommeil, beaucoup d’alcool peuvent avoir pour conséquence une longue période de sommeil. Fais très attention dans ce cas, car cela peut inciter toute personne que tu ramènes avec toi à la maison à commettre un délit, « l’occasion fait le larron ».


MANEO et l’international

Travail en réseau

Depuis 1992, nous sommes membres du comité allemand d’aide aux victimes. Nous avons aussi lancé et organisé «la fête gay et lesbienne de Berlin » entre 1993 et 1998, développé « le fond de compensation de l’arrondissement de Tempelhof-Schöneberg » en 2000 et participé à la création d’une initiative judiciaire au profit des témois au tribunal de Berlin en 2003. MANEO est membre de plusieurs groupes de travail afin d’être le plus présent possible. De nombreuses associations en Allemagne suivent désormais notre modèle en matière de lutte et de prévention de l’homophobie.


MANEO en Europe

Notre engagement est aussi international. Notre coopération avec l’organisation française SOS-homophobie – et en Pologne la fondation pour l’égalité des droits et la campagne contre l’homophobie – s’intensifie année après année. En janvier 2005, le groupe polonais de MANEO „Tolerancja Po Polsku“ a été créé à Berlin. Ensemble, nous nous sommes engagés à coopérer.


« La déclaration Tolerancja »

« Nous unissons nos forces pour ouvrer à la construction d'une société civile européenne où nous pourrons vivre ensembles en l'absence de toute discrimination. Nous nous engageons à un soutien mutuel pour atteindre ce but.
Nous nous opposons dans l'esprit de la convention européenne des droits de l'homme à toute haine, toute violence ainsi qu'à toute discrimination à l'égard de minorités au sein de nos sociétés. Nous affirmons notre solidarité avec les personnes qui s'engagent pour défendre les droits civiques, l'égalité des droits, la protection des minorités et pour le respect de la convention européenne des droits de l'homme.
Nous combattons, dans la perspective d'une Europe unie, contre la discriminination et l'exclusion des personnes homosexuelles. Nous nous engageons afin que les droits de l'homme fondamentaux des lesbiennes et des gays soient respectés. »


« Le prix de la tolérance »

En 2006, nous avons décerné avec nos partenaires français et polonais le prix de la tolérance à trois personnalités de France, Pologne et Allemagne engagées dans la lutte contre l’homophobie. Ce prix doit être un symbole de nos efforts communs et être décerné annuellement.


Le réseau s’élargit

MANEO collabore intensément depuis 2008 avec l’organisation espagnole COGAM. Les défis à relever dans une Europe toujours plus unie doivent être relevés ensemble.


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MANEO a raison

Le droit est de notre côté !

La loi est claire : l’homophobie est illégale. La discrimination en raison de l’orientation sexuelle est condamnable.


Vous avez dit malade?

Le 17 mai 1990, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a supprimé l’homosexualité de la liste des maladies mentales. A l’initiative de Français Louis-Georges Tin, l’ILGA (l’organisation mondiale des gays et lesbiennes) a fait du 17 mai la « Journée internationale de lutte contre l’homophobie ».


Vive l’Europe !


Le parlement européen, dans sa résolution du 18 janvier 2006 a souligné que la discrimination en raison de l’orientation sexuelle constitue une circonstance aggravante. Tous les Etats membres doivent s’assurer que les homosexuels sont protégés contre des actes violents et faire en sorte que le combat contre l’homophobie et la lutte contre la discrimination et la violence fassent partie de leurs compétences. En Allemagne tout comme en France et en Pologne.


Loi contre les discriminations

L’Allemagne a adopté récemment une loi transcrivant dans son droit interne la directive européenne sur l’égalité de traitement et la non-discrimination. En droit civil, en plus de la discrimination de genre ou pour raisons ethniques, toute discrimination en raison de l’âge, du handicap, de l’identité sexuelle ou de la religion est illégale. Toutefois, la constitution de la ville de Berlin stipule depuis longtemps que « personne n’est en droit d’être privilégié ou désavantagé en raison de son orientation sexuelle » (art. 10, al. 2).


Reconnaissance


MANEO a reçu en 1999 « le prix Mete-Eksi », en 2001 « le prix de la gay pride de Berlin pour le courage civique » et en 2006, le prix « Chance Award » de lutte et de prévention de la violence. En 2003, la ville de Berlin a salué l’engagement de MANEO pour son travail de prévention contre la violence. Toutes les évolutions législatives récentes (plus particulièrement la loi contre les discriminations) confirment que MANEO est sur la bonne voie. Depuis peu, notre organisation distribue également des prix. Mais il reste encore beaucoup à faire, comme le montre la situation en Pologne.


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DKLB Maneo